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22 Nov 2025

Marathon des Sables Pérou : la traversée d’une vie entre force, doutes et renaissance

Il y a des défis qu’on fait pour cocher une case.
Et puis, il y a ceux qu’on fait pour se retrouver.
Pour se prouver qu’on est encore vivante, qu’on peut encore se dépasser, qu’on est capable d’aller au bout, même quand tout brûle, quand tout doute, quand tout vacille

C’est exactement ce que représente pour moi le Marathon des Sables au Pérou, en décembre prochain : 120 km à pied dans le désert, en autosuffisance alimentaire, avec un sac sur le dos, la chaleur, la solitude et cette petite voix intérieure qui dit :

“Fonce, profite, tu es capable" au lieu de douter !
 

  1. Le Marathon des Sables : plus qu’une course, une expérience humaine

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore cette épreuve mythique, le Marathon des Sables (ou MDS) est une course d’ultra-endurance en plein désert.
Au Pérou, elle se déroule dans les paysages spectaculaires de l’Ica, entre dunes, canyons et chaleur accablante.
Plus de 120 km en plusieurs étapes, en autosuffisance alimentaire : tu portes tout ce dont tu as besoin pour survivre.

C’est une aventure qui demande une préparation physique millimétrée, mais surtout une préparation mentale titanesque.
Car le corps, tôt ou tard, lâche un peu. Et c’est la tête qui continue.
 

Passer du quotidien à l’extraordinaire : une transformation physique et mentale

Je ne suis pas une athlète de haut niveau.
Je suis coach sportif, oui.
Mais je suis aussi maman, entrepreneure, femme fatiguée d'une petite fille qui ne dort pas très bien, tiraillée entre les envies, les obligations et les doutes.

Ces dernières années ont été intenses : un postpartum difficile, une société à lancer, des nuits blanches et ce sentiment constant d’avoir perdu un peu de moi-même dans le tumulte.

Alors, le Marathon des Sables, ce n’est pas juste une course.
C’est une renaissance.

Pourquoi se lancer dans un tel défi ?

Parce que parfois, il faut tout quitter pour se retrouver.
Quitter le confort, le contrôle, le quotidien.
Sortir du rôle qu’on joue pour revenir à l’essentiel : marcher, respirer, avancer.

Je me lance dans cette aventure pour :

  • Fermer un chapitre : cinq années de tempêtes, d’épuisement, de reconstruction.

  • Me retrouver seule face à moi-même : sans écran, sans masque, sans bruit.

  • Prouver à ma fille qu’on peut tomber, se relever, et aller au bout de ses rêves.

  • Et parce que j’en ai besoin. Besoin de me sentir libre.

 

La préparation physique : rigueur, volume et adaptation

Préparer un Marathon des Sables, ce n’est pas s’improviser coureur de désert.
C’est une planification millimétrée sur plusieurs mois.
Car là-bas, on ne joue pas contre les autres, on joue contre soi-même.

Une semaine type d’entraînement :

En pleine préparation, mon rythme hebdomadaire s’articule ainsi :

  • 3 à 4 sorties course à pied, dont :

    • 1 sortie longue de 25 à 35 km, parfois enchaînée avec une deuxième le lendemain pour simuler la fatigue.

    • 1 séance de fractionné ou de côtes.

    • 1 séance de footing de récupération.

  • 2 séances de renforcement musculaire : gainage, jambes, dos, fessiers — pour encaisser le poids du sac et les kilomètres dans le sable.

  • 1 à 2 séances de vélo ou home trainer : pour développer l’endurance cardio sans impacter les articulations.

  • 1 séance de mobilité / yoga : pour délier, respirer, récupérer.

Soit 6 à 12 heures d’entraînement par semaine (en plus de mes coachings clients), parfois plus selon les cycles.

Le corps s’adapte, mais il faut écouter les signaux : la fatigue, les douleurs, les inflammations.
 

Du poids du corps au poids du sac

Au départ de la préparation, je pesais environ 62 kg, aujourd'hui je suis autour de 59kg.
Mon objectif n’était pas de “maigrir” mais d’optimiser le ratio puissance/poids, en renforçant la masse musculaire utile.
Le sac, lui, pèsera environ 6 à 8 kilos, un gros poids quand on court dans le sable.

Alors chaque gramme compte : le poids du sac de couchage, du duvet, des rations alimentaires… tout est pesé, réfléchi, testé.

La logistique et la nutrition

En autosuffisance, chaque calorie devient stratégique.
Je teste actuellement différentes rations : lyophilisés, barres, purées salées, électrolytes.
L’hydratation est un enjeu vital : plus de 10 litres d’eau par jour peuvent être nécessaires dans le désert.
Pendant les entraînements longs, je reproduis ces conditions pour habituer mon corps, et mon mental.


La préparation mentale : apprendre à danser avec le doute

Personne ne se prépare à courir dans le désert sans douter.
Il y a des jours où je me réveille pleine d’énergie, prête à soulever le monde.
Et d’autres où je me demande :

“Pourquoi tu t’infliges ça ?”
“Tu n’en fais pas déjà assez ?”
“Et si tu te blesses ? Et si tu ne finis pas ?”

Ces questions font partie du voyage.
Elles forgent la résilience.
 

L’accompagnement par un coach : l’importance d’être guidée

Même en étant coach sportif, on ne peut pas tout faire seule.
J’ai ressenti le besoin d’être accompagnée, d’avoir un regard extérieur, une structure, une oreille neutre qui m’aide à garder le cap quand la fatigue ou le doute s’installent. 

La préparation physique guidée

Travailler avec un coach m’a permis d’avoir une progression cohérente et sécurisée.

Il m’aide à ajuster les charges, à adapter les séances selon mes sensations, à prévenir les blessures.
Car l’entraînement pour une telle épreuve n’est pas linéaire : il faut savoir alterner les cycles d’intensité et de récupération, planifier les phases de charge, écouter les signaux faibles du corps.

Avoir ce soutien extérieur, c’est accepter de ne pas tout contrôler.
C’est déléguer une partie du mental pour pouvoir mieux se concentrer sur l’exécution et la régularité.

La préparation mentale accompagnée

Au-delà du physique, il y a tout le reste : la peur, la culpabilité, le stress, la solitude.
Mon coach m’aide à poser des intentions claires : pourquoi je cours, pourquoi je continue, pourquoi j’ai choisi ce défi.
On travaille ensemble la visualisation, la respiration consciente, et la gestion de la pression : des outils telle que l'hypnose ont fait partie intégrante de ma préparation mentale.

Quand je doute, il me ramène à ma raison profonde.
Quand je veux en faire trop, il me rappelle l’importance du repos.
Cet équilibre entre ambition et bienveillance est la clé. MERCI Julien.

Parce que derrière chaque performance, il y a une préparation émotionnelle qu’on ne voit pas sur Strava.

Gérer la peur et la solitude

La peur, je l’accepte.
Elle me garde vigilante.
Je la transforme en énergie pour avancer, pas pour reculer.

Je m’entraîne aussi à la visualisation : imaginer le désert, la chaleur, le bruit du vent, la lumière, le silence.
Fermer les yeux et m’y voir, pas comme une étrangère, mais comme une partie du décor.
 

Le prix à payer : organisation, fatigue et équilibre familial

On ne prépare pas un marathon dans le désert sans impacter le quotidien.
Entre le travail, les entraînements, la logistique et la vie de famille, tout doit s’équilibrer.
Les journées commencent tôt, souvent avant le lever du soleil, et se terminent tard.
Les repas sont pensés comme du carburant, pas comme un plaisir.
Et les week-ends deviennent des mini-stages d’endurance.

Je ne vais pas mentir : c’est épuisant.
Mais je ne le fais pas contre ma famille, je le fais pour moi, donc aussi pour eux.
Parce qu’une maman, une femme, une coach épanouie et ancrée dans ce qu’elle aime, c’est une meilleure version d’elle-même pour tous ceux qu’elle aime.

Les blessures, les coups de mou et les remises en question

Les blessures font partie du jeu : une tendinite, un mollet qui tire, un genou qui râle.
Mais la vraie bataille, c’est dans la tête.
Quand tu es seule sur une sortie de 4h, qu’il pleut, que tu as mal et que personne ne t’attend à l’arrivée, tu décides :
soit tu rentres,
soit tu continues.

Ces moments forgent le mental plus que n’importe quelle séance de coaching.
Parce qu’ils t’obligent à aller chercher le “pourquoi” profond.
Et ce “pourquoi”, je le trouve à chaque fois que je pense à la femme que j’étais il y a cinq ans, à celle qui doutait de tout.
Celle qui voulait juste retrouver son souffle, son énergie, sa force.
 

Ce que le Marathon des Sables m’apprend déjà

Je n’ai pas encore pris le départ, et pourtant, je sens déjà les effets :

  • J’ai appris à me discipliner sans me juger.

  • J’ai appris à dire non pour protéger mes temps de récupération.

  • J’ai appris que le courage, ce n’est pas d’être forte tout le temps, c’est de continuer malgré les failles.

  • J’ai appris à me reconnecter à mon corps, pas comme un outil de performance, mais comme un allié.

Et surtout : j’ai appris que la préparation est déjà une victoire.
Car elle t’oblige à te confronter à toi-même, à ta peur, à ton ego, à ton authenticité.
 

Courir pour se reconstruire

Au fond, le Marathon des Sables n’a rien à voir avec le sport.
C’est une rencontre avec soi-même.
Une façon de dire : “Je suis là. J’existe. Je suis capable.”

J’y vais pour laisser derrière moi cinq années de lutte intérieure, de reconstruction, de survie émotionnelle.
J’y vais pour fermer un cycle et en ouvrir un nouveau.
Pour me retrouver seule, face au désert, à la chaleur, à la fatigue, à la beauté brute du monde.

Et si, un jour, ma fille me demande pourquoi j’ai fait ça, je lui répondrai :

“Parce qu’un jour, ta maman avait besoin de prouver à la vie qu’elle pouvait encore courir malgré les étapes que son corps a traversé.”

 

En conclusion

Le Marathon des Sables, ce n’est pas une folie.
C’est un acte d’amour.
Un acte de liberté.
C’est accepter d’avoir peur, d’être vulnérable, d’être vivante.
Et si toi aussi, tu ressens ce besoin de te retrouver, de reprendre le contrôle, de te prouver que tu peux, alors peut-être que ton désert n’est pas au Pérou, mais juste là, dans ton quotidien, et qu’il n’attend que toi pour le traverser.

 

Camille


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